L`équitation : pratique guerrière, sport, art, les répercussions d`une évolution historique sur les représentations contemporaines des pratiques de combat

(Reitsport: Kriegspraktiken, Sport, Kunst und die Auswirkungen der historischen Entwicklung zeitgenössischer Darstellungen von Kampfpraktiken. )

Les pratiques équestres ont en Europe à partir du Moyen-âge été l`apanage des chevaliers, le cheval faisant partie, au même titre que la lance ou l`épée, des outils de la guerre (Carbonell, 1999, p. 17). Avec la curialisation des guerriers (Elias, 1973), l`équitation devient de plus en plus artistique, ses buts finaux tendant alors à se modifier pour n`être plus utile à la guerre, mais à la Cour (Lagoutte, 1974, p. 105). Avec l`avènement de l`Empire, et l`apport par Napoléon des techniques de guerre de l`Est européen, la tactique évolue, tout comme la pratique équestre (Roche, 2011). Une scission s`opère entre une équitation de haute école, maîtrisée par les sphères les plus hautes de la société, tandis qu`une version plus pratique est enseignée aux militaires afin de permettre une maîtrise rapide et une utilisation de l`attaque de masse. Le cheval monté sera - parmi dautres utilisations - un outil de la guerre jusqu`à la première guerre mondiale. Le moteur à explosion signe l`arrêt de mort de l`utilisation quasi globale des chevaux dans tous les aspects de son utilisation sociale que ce soient les transports, l`agriculture ou encore la guerre, où les cavaliers deviennent aviateurs (Krempp, 2007). Vient la bascule sportive, et l`utilisation du cheval exclusivement dédiée au loisir (sportif ou non, compétitif ou non). La pratique, alors quasi exclusivement masculine avec l`armée auparavant, devient féminine majoritairement (Tourre-Malen, 2007). La pratique évolue tout au long de son histoire vers une euphémisation toujours plus grande de la pratique et des représentations des chevaux. Alors comment les professionnels cavaliers se représentent-ils leur pratique aujourd`hui ? La thèse qui a été démontrée récemment cherche à appréhender l`équitation avec ses soubassements passés d`art guerrier. En effet, si l`art équestre est une transformation artistique d`une pratique guerrière, elle est en cela comparable aux arts guerriers asiatiques, forgés au cours des siècles de guerre puis rendues artistiques au fil des siècles. Les représentations des professionnels interrogés (N=50), de multiples métiers liés au cheval (moniteur, dresseur, compétiteur, artiste, auteur, équithérapeute, cavalier d`extérieur) autorise la perception d`une pratique comme un sport, certes, mais également comme une pratique entièrement vouée à la maîtrise technique sans volonté de reconnaissance sociale. La définition d`Audiffren et Crémieux (1996) proposant de différencier les arts de combat entre arts martiaux (auquel nous préférons l`acception arts guerriers) et sports de combat s`applique alors aux équitations. Elles peuvent dans ce cas être différenciées selon des critères comparables entre arts équestres et sports équestres, entre activités institutionnelles et outsiders (Becker, 1985). L`utilisation du cheval par les policiers dans certains cadres légaux atteste d`une légitimité d`outil de combat encore aujourd`hui.
© Copyright 2014 12ème colloque Jorrescam 2014. Veröffentlicht von Université de Toulon. Alle Rechte vorbehalten.

Bibliographische Detailangaben
Schlagworte:
Notationen:Sportgeschichte und Sportpolitik technische Sportarten
Veröffentlicht in:12ème colloque Jorrescam 2014
Sprache:Französisch
Veröffentlicht: Toulon Université de Toulon 2014
Online-Zugang:https://www.academia.edu/7180363/12%C3%A8me_COLLOQUE_JORRESCAM_2014
Seiten:70-71
Dokumentenarten:Artikel
Level:hoch